Les maladies transmises par les moustiques menacent le monde

Les moustiques font partie des animaux les plus dangereux par le nombre de décès qu’ils provoquent dans le monde. Leur capacité à être porteurs de maladies et à les transmettre aux êtres humains entraîne des milliers de morts chaque année. Rien qu’en 2015, le paludisme a été responsable à lui seul de 438 000 morts. L’incidence de la dengue a été multipliée par 30 en 30 ans et de plus en plus de pays signalent leur première flambée de cette maladie. L’infection à virus Zika, la dengue, le chikungunya et la fièvre jaune sont quatre maladies transmises à l’homme par la même espèce de moustique, Aedes aegypti.

Plus de la moitié de la population mondiale vit dans des zones où cette espèce est présente. Les efforts soutenus de lutte contre les moustiques sont importants pour éviter des flambées épidémiques. Il y a plusieurs types de moustiques et certains sont capables de transmettre de nombreuses maladies. Cliquez ci-dessous pour voir les maladies transmises par les moustiques des genres Aedes, Culex et Anopheles.

12 maladies transmises par les moustiques à connaître absolument

Avant de penser au barbecue, à la baignade estivale ou aux vacances sous les Tropiques, faites ce qu’il faut pour protéger votre famille des maladies transmises par les moustiques. Voici ce que vous devez savoir.

Maladies transmises par les moustiques: le Zika et les autres

Les maladies transmises par des moustiques peuvent être un vrai fléau et ces satanées bestioles peuvent faire bien plus qu’empoisonner la vie de vos invités lors de votre prochain barbecue. Certains moustiques sont porteurs de maladies franchement dangereuses. On parle beaucoup du Zika, mais ce virus est loin d’être le seul à constituer une menace. Comment éviter ce danger? En général, mieux vaut utiliser les produits antimoustiques et des vêtements dans lesquels se camoufler à longueur d’année.

Parmi les maladies transmises par des moustiques, on retrouve le virus du Nil

Impossible de ne pas avoir entendu parler de celui-ci : de toutes les maladies transmises par les moustiques, le virus du Nil occidental est la maladie la plus redoutée ; même si la plupart des gens infectés n’ont aucun symptôme et ne savent donc pas qu’ils en sont atteints – ce qui signifie que vous n’avez pas d’inquiétude à avoir.

Selon Santé Canada, seulement 1 % des personnes infectées développeront de graves problèmes du système nerveux central pouvant aller dans de rares cas jusqu’à la mort. On a observé quelques flambées au Canada ces dernières années, mais l’année record reste 2007 avec 2215 cas répertoriés. Selon Brad Leahy, un exterminateur du Maryland, les régions où l’on trouve le plus de cas d’infection au virus du Nil sont celles que survolent les oiseaux migrateurs : les moustiques qui piquent les oiseaux infectés deviennent porteurs du virus. Cela étant dit, on trouve le virus du Nil dans tous les États américains (à l’exception d’Hawaï et de l’Alaska) et toutes les provinces du Canada (à l’exception de Terre-Neuve et des territoires du nord). Les symptômes du virus sont assez semblables à ceux de la grippe : maux de tête, douleurs au corps, fatigue, douleurs aux articulations, diarrhée, vomissements et, parfois, éruptions cutanées. Les signes indiquant que l’infection s’aggrave sont les fortes fièvres, la raideur, les convulsions, le coma ou la paralysie de certaines parties du corps. Il n’existe pas de vaccin contre le virus du Nil et les cas les plus graves nécessitent l’hospitalisation. Pour vous protéger des moustiques qui sont de potentiels porteurs de ce virus, protégez votre peau, mettez-vous de l’antimoustiques.

Prenez garde au virus de la dengue, l’une des maladies transmises par des moustiques

Selon Brad Leahy, le moustique de la fièvre jaune, responsable du zika, du Chikungunya, et (on s’en doutait) de la fièvre jaune, transmettrait également la dengue, qui ne touche pas le Canada, mais menace dès qu’on arrive à la frontière sud des États-Unis et, bien sûr, dans toute l’Amérique latine.

Santé Canada nous apprend que, là aussi, les symptômes sont proches de ceux de la grippe : « forte fièvre, maux de tête sévères, douleurs derrière les yeux, douleurs articulaires et musculaires, nausées, vomissements et éruptions cutanées ». Dans sa forme sévère, la dengue peut provoquer une « chute de fièvre, des saignements du nez et des gencives, de la fatigue, des douleurs abdominales aiguës, des vomissements persistants et de la difficulté à respirer ». Certains cas extrêmes peuvent entraîner une défaillance circulatoire et la mort. Il n’existe pas de traitement contre ce virus, mais la plupart des gens réussissent à atténuer leurs symptômes en prenant des analgésiques et en buvant beaucoup d’eau pour rester hydratés. Mais certaines personnes ne présentent aucun symptôme et la majorité guérit de la dengue après quelques jours. Le meilleur moyen de se protéger de la dengue est d’éviter les piqûres de moustiques, surtout si vous vous sentez un peu malade ou que vous faites de la fièvre.

Virus de l’encéphalite équine de l’ouest (VEEO)

Généralement transmis par le moustique Culex – le genre de bestiole qui fréquente votre jardin —, le VEEO est très répandu en Amérique du Nord, en Amérique centrale et en Amérique du Sud, dans les Caraïbes, dans la région côtière de l’est du Canada. Il tire son nom de sa présence sur les chevaux. L’encéphalite équine de l’Ouest reste cependant une maladie rare. Il n’existe pas de chiffre pour le Canada, mais les États-Unis n’ont recensé que 700 cas environ depuis 1964. Le taux de mortalité associé à cette maladie est très faible et celle-ci menace surtout les personnes âgées – tout comme les formes graves. La plupart des gens développent des symptômes qui ressemblent à la grippe tels que nausées, vomissements, maux de tête et douleurs musculaires. Il n’existe malheureusement de vaccin que pour les chevaux, aussi le seul moyen efficace de se prémunir contre cette maladie est de rester à l’intérieur lorsque ces moustiques sont actifs à l’aube et au crépuscule.

Chikungunya

Ce virus africain s’est répandu dans le monde à cause de la propagation et de la résistance du moustique tigre asiatique (le moustique vecteur de la fièvre jaune peut aussi transmettre ce virus). Inexistant au Canada et très rare aux États-Unis, ce virus peut affecter les gens voyageant en Asie, en Afrique et, plus près de nous, en Amérique centrale et du sud et dans les Caraïbes. Le virus reproduit des symptômes semblables à ceux de la dengue et du Zika : maux de tête, douleurs musculaires, douleurs articulaires et fièvre. Ces symptômes apparaissent entre trois et sept jours après la piqûre. Les personnes âgées et les nouveau-nés sont plus à risque de connaître des complications, mais les réactions aiguës sont plutôt rares. Il n’existe pas de vaccin pour le chikungunya, aussi est-il important de se doter d’un excellent antimoustiques avant de voyager ou de sortir. Brad Leahy recommande, d’utiliser un répulsif contenant du DEET, du IR3535, de l’huile d’eucalyptus à odeur de citronnelle ou de la picaridine.

Fièvre jaune

Principal vecteur de la fièvre jaune, le moustique de la fièvre jaune porte bien son nom, mais le moustique tigré peut aussi transmettre cette maladie surtout présente en Afrique et en Amérique du Sud. La fièvre jaune est rarement ramenée au Canada par des voyageurs grâce au vaccin à virus vivants que ceux-ci reçoivent généralement avant de partir. Au Canada, le vaccin est offert uniquement par les centres de vaccination contre la fièvre jaune. Les premiers symptômes de la fièvre jaune se déclarent trois à six jours après la piqûre : maux de tête, douleurs musculaires, nausées, vomissements et fièvre. Dans les cas les plus graves, la fièvre jaune peut causer un état de choc, une hémorragie interne, une jaunisse et une défaillance des organes. Cela se produit chez environ 15 % des patients et la moitié d’entre eux meurent au bout de 10 à 14 jours.

Filariose lymphatique

La filariose lymphatique est l’une des maladies transmises par les moustiques les moins connues, mais l’une des plus dangereuses. L’infection est causée par un ver parasite transmis par différents types de moustiques sévissant en Afrique, en Amérique du Sud et dans le Pacifique occidental. Le parasite peut provoquer une enflure extrême des bras, des jambes ou des parties génitales. Les malades peuvent aussi souffrir d’un durcissement des jambes, appelé éléphantiasis. Un médicament, le citrate de déthylcarbamazine (DEC) peut mettre fin à l’infection et tuer le parasite s’il est utilisé de manière soutenue pendant 12 jours. Comme les variétés de moustiques transmettant la filariose lymphatique sont nombreuses, il est important de bien vous protéger si vous voyagez dans des zones infectées. Si vous êtes dehors au lever et au coucher du soleil, Brad Leahy suggère d’utiliser un « moustiquaire traité à l’insecticide qui vous protègera des piqûres, surtout au crépuscule, lorsque les moustiques sont le plus nombreux. »

Encéphalite japonaise

L’encéphalite japonaise est transmise à l’homme par le moustique culex en Asie et dans le Pacifique occidental. L’infection provoque fièvre, maux de tête, vomissements et, dans de rares cas, des troubles neurologiques et des convulsions. Selon Brad Leahy, le risque de contracter ce virus est rare, même quand on voyage dans des zones infectées. « Le moustique culex qui transporte cette maladie se reproduit en milieu rural, surtout dans les rizières, et il est surtout actif la nuit », dit-il. Votre meilleure protection consiste à rester à l’intérieur et à vous munir d’un moustiquaire.

Encéphalite de Saint-Louis

L’encéphalite de Saint-Louis est transmise à l’humain par le moustique culex. Ce virus est répandu sur tout le continent américain. Selon le CDC d’Altanta, environ 99 % des cas d’infection ne sont jamais diagnostiqués parce qu’ils guérissent sans provoquer le moindre symptôme. Il existe cependant un risque plus grand de complications chez les personnes âgées que chez les enfants. Les symptômes les plus courants sont la fièvre, l’étourdissement et les nausées, et peuvent évoluer d’un stade léger à aigu très rapidement. Les cas les plus graves peuvent aboutir au coma et les personnes âgées sont particulièrement à risque de développer une encéphalite, ou inflammation du cerveau. Il n’existe ni vaccin ni traitement pour combattre ce virus.

Virus de La Crosse

Ce virus nous est transmis par des moustiques des genres Anopheles, Ochlerotatus (anciennement Aedes) et Culex qui se reproduisent dans les cavités remplies d’eau des arbres. C’est un virus du sérogroupe Californie, présent dans le monde entier, sous des climats et habitats très variés. La gravité des cas va de l’absence de symptômes à une légère fièvre, mais peut aussi causer une encéphalite mortelle. Il est particulièrement dangereux pour les enfants de moins de 16 ans. Fièvre, vomissements et fatigue sont les symptômes les plus courants ; même dans sa forme légère, le virus peut causer des convulsions. Dans des cas extrêmement rares, certains symptômes neurologiques risquent de dégénérer en paralysie et en incapacité à long terme, et parfois même être mortels. Il n’existe ni vaccin ni traitement contre ce virus, aussi est-il important de bien se protéger. Comme ces moustiques pondent souvent dans les cavités des arbres remplies d’eau, mieux vaut remplir celles-ci de terre.

Virus de l’encéphalite équine de l’est (EEE)

L’EEE est « l’une des plus graves maladies transmises par les moustiques aux États-Unis, même si les gens en savent très peu la concernant, nous apprend Brad Leahy. Près du tiers des personnes infectées par ce virus en meurent et bon nombre de ceux qui survivent gardent des séquelles neurologiques. » Aux États-Unis, ce virus est surtout présent en Floride, au New Jersey et en Géorgie, mais les États limitrophes des Grands Lacs ne sont pas épargnés non plus. Santé Canada nous avertit que ces infections « surviennent surtout au printemps et sont associées aux mouvements migratoires des oiseaux voyageant entre le sud des États-Unis et le nord du Canada. » Le moustique Culiseta melanura est le vecteur de ce virus contre lequel il n’existe ni vaccin ni traitement. Les symptômes peuvent être systémiques avec des frissons, de la fièvre et des douleurs musculaires ou d’ordre encéphalique – vomissements, convulsion et coma. Comme ces moustiques apprécient particulièrement les points d’eau pour se reproduire, assurez-vous d’assécher tout point d’eau stagnante dans votre jardin.

Encéphalite équine vénézuélienne (EEV)

Proche parente de l’encéphalite équine de l’est, elle n’est heureusement pas aussi fréquente en Amérique du Nord où on ne la retrouve qu’en Floride et dans certaines parties des Rocheuses. Les symptômes ressemblent beaucoup à ceux de l’EEE, mais ils représentent en plus des risques aggravés pour les fœtus et les femmes enceintes. La plupart de gens éprouvent un apaisement des symptômes après 5 jours, mais, dans certains cas, le virus peut être fatal.

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